14-06-2008, 02:13 PM
25.05.2008
Une étude détaille les effets indésirables neurologiques et cardiovasculaires du Champix, médicament d’aide au sevrage tabagique
Michael Siegel est spécialisé en médecine préventive et en santé publique à l’université de Boston. Ses activités de recherche sont centrées depuis 20 ans sur le tabagisme actif et passif, ses effets indésirables, les modalités d’arrêt et les diverses politiques de régulation. Il tient un blog intitulé Tobacco Analysis, sur lequel il dénonce entre autres le lobbying de l'industrie pharmaceutique pour la prohibition. Les firmes pharmaceutiques ont mis sur le marché - avec la complicité des autorités sanitaires qui ont tout approuvé en invoquant la santé publique – toute une panoplie de médicaments et de substituts nicotiniques fort profitables… Ainsi, Pfizer a fait une énorme campagne de publicité pour dénoncer le tabagisme… afin de vendre la varénicline sous le nom de Champix (Chantix aux Etats-Unis).
On apprend dans une note du 23 mai du Dr Siegel que la l’Administration fédérale de l’aviation (FAA) des Etats-Unis vient d’interdire aux pilotes et aux contrôleurs aériens l’usage de la varénicline (Champix) à cause des centaines de signalements d’effets indésirables. Ces derniers sont confirmés par une étude aux résultats dévastateurs faite par le Institute for Safe Medication Practices, organisme à but non lucratif. D'où la différence d'appréciation...
Cet institut est chargé d'évaluer les risques émergeants et les erreurs de médication en fonction des signalements d'effets indésirables reçus par l'agence américaine du médicament (FDA).
Le Los Angeles Times rend compte de l'étude dans cet article. Les effets indésirables du Champix peuvent être très sévères : pertes d’équilibre, pertes de connaissance, convulsions, mouvements anormaux, spasmes musculaires, troubles du rythme cardiaque, troubles visuels, réactions cutanées, etc. Ces effets secondaires neurologiques et cardiovasculaires s’ajoutent à ceux psychiatriques (dépression, suicides…) déjà largement pointés du doigt, y compris par la FDA, qui estime que la relation de cause à effet est de plus en plus probable. (D’ailleurs, Pfizer avait modifié la notice grand public et le RCP (résumé des caractéristiques du produit) juste avant que la FDA ne rende public son avis sur les risques psychiatriques, au mois de février 2008).
Le texte intégral de l’étude est disponible sur le site de l’Institut. Et il vaut le détour... Les effets indésirables sont bien plus nombreux que ceux mentionnés par les journaux. Ils incluent des douceurs telles que: accidents thromboemboliques, diabète, hyperglycémies, syndromes extrapyramidaux, oedèmes, troubles psychotiques, hallucinations, agressivité et quelques autres... Les auteurs parlent de « risques graves immédiats pour toute personne conduisant des avions, des trains, des bus ou d’autres véhicules ou étant dans une situation dans laquelle une diminution de l’état de veille ou de contrôle de la motricité pourraient entraîner des dégâts sévères et massifs ». Les personnes exerçant un travail qui exige une attention et une concentration soutenues devraient éviter le Champix. Les techniciens des centrales nucléaires figurent parmi les exemples donnés. On imagine aisément une sorte de nouveau Tchernobyl parce qu'un technicien sous Champix a perdu connaissance ou a été pris de spasmes musculaires ou de convulsions et a appuyé sur le mauvais bouton...
L’étude a aussi recensé un nombre important de chutes, accidents de la route et d’autres types d’accidents se soldant par des dommages corporels. Et le Los Angeles Times ajoute qu’au cours du dernier trimestre de 2007, le Champix a pris la première place sur la liste des signalements d’effets indésirables à la FDA… Les chiffres sont d'ailleurs détaillés dans le texte de l'étude.
Par conséquent, l’administration américaine de l’aviation fait preuve d’une prudence élémentaire, puisque des centaines de vies sont en jeu lorsqu’un pilote ou un contrôleur aérien voient leur état de conscience et leur contrôle sur leurs réflexes et leurs mouvements diminuer, voire disparaître temporairement.
Les auteurs mentionnent le fait que nombre des personnes ayant subi ces effets indésirables prenaient d’autres médicaments ou compléments alimentaires en même temps que le Champix, tout en disant qu’il s’agit là de la situation réelle des usagers, qui contraste avec le cadre artificiel (setting) créé par Pfizer dans les essais cliniques qui ont servi à obtenir l'autorisation de mise sur le marché… La firme avait exclu d’emblée de nombreuses catégories d'usagers, par exemple toute personne ayant été traitée récemment pour une dépression, un trouble bipolaire, une psychose ou un trouble anxieux incluant des attaques de panique. Ont été exclues aussi les personnes ayant eu des réactions allergiques à un médicament quelconque, ayant des résultats anormaux lors d’examens de laboratoire, souffrant de troubles cardiovasculaire récents… Et même les personnes qui prenaient des médicaments sans ordonnance ou des produits amincissants. Les personnes ayant eu un antécédent de dépendance à un médicament ou à l’alcool ont elles aussi été exclues…
C’est quand même curieux, surtout sachant que les personnes ayant des antécédents d'addiction ou de troubles psychiques sont parmi les plus sujettes au tabagisme…
Les auteurs de l’étude recommandent à la FDA de faire une enquête épidémiologique approfondie. Une porte-parole de la FDA, intérogée par le Los Angeles Times confirme qu’il faut aller plus loin dans l’enquête que l’agence était déjà en train de mener sur le Champix.
Et pourtant, Pfizer persiste et signe… La firme considère que la balance bénéfices – risques du Champix reste favorable malgré tout, compte tenu des méfaits du tabagisme… Etonnante argumentation que de remplacer un risque par un autre, chez des gens qui passeraient ainsi des griffes de l’industrie du tabac à celles des firmes pharmaceutique, mais toujours pour du profit… Mais on ne peut pas s’attendre à ce que Pfizer renonce facilement à un médicament déjà prescrit à plus de 3,5 millions de personnes rien qu’aux Etats-Unis, pour un coût de 130 dollars par mois… Un article de CBS ajoute les chiffres de ventes du Champix aux Etats-Unis : 833 millions de dollars en 2007 et une augmentation de 71% au cours du premier trimestre de 2008 par rapport à la même période de l’année dernière…
Mais pourquoi un tel médicament a-t-il été approuvé aussi facilement pour un tel usage ? Et pourquoi le Champix est-il prescrit aussi massivement ? Eh bien parce que le panel d’experts qui a récemment élaboré les directives de pratique clinique concernant l’arrêt du tabac s’est prononcé explicitement pour l’usage de médicaments chez chaque patient qui arrête de fumer. Il a tout aussi explicitement recommandé la prescription de Champix à cet effet. Or il s’avère que pas moins de neuf experts avaient des conflits d’intérêts pour avoir reçu des financements récents des fabricants des divers médicaments d’aide à l’arrêt. Et l’expert qui a dirigé le groupe de travail a un conflit d’intérêt avec Pfizer – le producteur du Champix…
Les commentaires de Siegel relèvent du bon sens ; ce sont des arguments de plus en plus repris par l’opinion publique américaine dans son ensemble : il ne suffit pas de « gérer » les conflits d’intérêts et demander aux médecins de les déclarer publiquement, ni même de les limiter. Il faut les interdire complètement. On voit que cette argumentation n’est plus l’apanage des seules associations anti-corruption et que celles-ci ont fait un travail remarquable dans les pays anglo-saxons. En attendant un début de prise de conscience en France…
Le Champix est un parfait exemple des conséquences des conflits d’intérêts : mettre la santé en danger, voire même tuer des gens. On ne peut pas dire « tuer des patients », parce qu’il ne s’agit pas à proprement parler de malades qui ne pourraient pas se passer d’un tel médicament… On voit tous les jours des personnes qui subissent des effets secondaires de gravité diverse, développent des addictions ou se suicident suite à la prise de médicaments prescrits dans des pseudo-maladies que l’industrie invente régulièrement. Le dernier cas de disease mongering - comme on appelle cette imagination débordante à but lucratif - concerne précisément le tabac. Nous en avons parlé dans cette note intitulée « La dépendance au tabac bombardée maladie chronique à traiter indéfiniment. Avec Champix / Zyban et les substituts nicotiniques pour méthadone… »
Rappelons ici qu’il ne s’agit pas de défendre le tabagisme. Mais il va sans dire que mourir tout de suite à cause d’un effet indésirable du Champix, du Zyban, etc. ou être victime d’incidents iatrogènes graves n’est pas non plus un choix défendable… Les personnes qui veulent arrêter doivent pouvoir le faire en toute sécurité, et il y a des moyens non médicamenteux qui ne présentent aucun risque, tels les consultations spécialisées en tabacologie.
03:15 Publié dans Tabac, sevrage, aides à l'arrêt | Lien permanent | Commentaires (8) | Envoyer cette note | Tags : champix, varénicline, pfizer, conflits d'intérêt, effets indésirables
http://pharmacritique.20minutes-blogs.fr...logiq.html
Suivez également ici, toute une anthologie traduite en francais de la corruption institutionnalisée qui d'un côté sert à imposer par la force les interdictions de fumer, et de l'autre à faire des milliards avec le poison dangereux Champix: les prédicateurs de l'interdiction de fumer sonst grassement rémunérés par l'industrie pharmaceutique.
http://unairneuf.org/
Une étude détaille les effets indésirables neurologiques et cardiovasculaires du Champix, médicament d’aide au sevrage tabagique
Michael Siegel est spécialisé en médecine préventive et en santé publique à l’université de Boston. Ses activités de recherche sont centrées depuis 20 ans sur le tabagisme actif et passif, ses effets indésirables, les modalités d’arrêt et les diverses politiques de régulation. Il tient un blog intitulé Tobacco Analysis, sur lequel il dénonce entre autres le lobbying de l'industrie pharmaceutique pour la prohibition. Les firmes pharmaceutiques ont mis sur le marché - avec la complicité des autorités sanitaires qui ont tout approuvé en invoquant la santé publique – toute une panoplie de médicaments et de substituts nicotiniques fort profitables… Ainsi, Pfizer a fait une énorme campagne de publicité pour dénoncer le tabagisme… afin de vendre la varénicline sous le nom de Champix (Chantix aux Etats-Unis).
On apprend dans une note du 23 mai du Dr Siegel que la l’Administration fédérale de l’aviation (FAA) des Etats-Unis vient d’interdire aux pilotes et aux contrôleurs aériens l’usage de la varénicline (Champix) à cause des centaines de signalements d’effets indésirables. Ces derniers sont confirmés par une étude aux résultats dévastateurs faite par le Institute for Safe Medication Practices, organisme à but non lucratif. D'où la différence d'appréciation...
Cet institut est chargé d'évaluer les risques émergeants et les erreurs de médication en fonction des signalements d'effets indésirables reçus par l'agence américaine du médicament (FDA).
Le Los Angeles Times rend compte de l'étude dans cet article. Les effets indésirables du Champix peuvent être très sévères : pertes d’équilibre, pertes de connaissance, convulsions, mouvements anormaux, spasmes musculaires, troubles du rythme cardiaque, troubles visuels, réactions cutanées, etc. Ces effets secondaires neurologiques et cardiovasculaires s’ajoutent à ceux psychiatriques (dépression, suicides…) déjà largement pointés du doigt, y compris par la FDA, qui estime que la relation de cause à effet est de plus en plus probable. (D’ailleurs, Pfizer avait modifié la notice grand public et le RCP (résumé des caractéristiques du produit) juste avant que la FDA ne rende public son avis sur les risques psychiatriques, au mois de février 2008).
Le texte intégral de l’étude est disponible sur le site de l’Institut. Et il vaut le détour... Les effets indésirables sont bien plus nombreux que ceux mentionnés par les journaux. Ils incluent des douceurs telles que: accidents thromboemboliques, diabète, hyperglycémies, syndromes extrapyramidaux, oedèmes, troubles psychotiques, hallucinations, agressivité et quelques autres... Les auteurs parlent de « risques graves immédiats pour toute personne conduisant des avions, des trains, des bus ou d’autres véhicules ou étant dans une situation dans laquelle une diminution de l’état de veille ou de contrôle de la motricité pourraient entraîner des dégâts sévères et massifs ». Les personnes exerçant un travail qui exige une attention et une concentration soutenues devraient éviter le Champix. Les techniciens des centrales nucléaires figurent parmi les exemples donnés. On imagine aisément une sorte de nouveau Tchernobyl parce qu'un technicien sous Champix a perdu connaissance ou a été pris de spasmes musculaires ou de convulsions et a appuyé sur le mauvais bouton...
L’étude a aussi recensé un nombre important de chutes, accidents de la route et d’autres types d’accidents se soldant par des dommages corporels. Et le Los Angeles Times ajoute qu’au cours du dernier trimestre de 2007, le Champix a pris la première place sur la liste des signalements d’effets indésirables à la FDA… Les chiffres sont d'ailleurs détaillés dans le texte de l'étude.
Par conséquent, l’administration américaine de l’aviation fait preuve d’une prudence élémentaire, puisque des centaines de vies sont en jeu lorsqu’un pilote ou un contrôleur aérien voient leur état de conscience et leur contrôle sur leurs réflexes et leurs mouvements diminuer, voire disparaître temporairement.
Les auteurs mentionnent le fait que nombre des personnes ayant subi ces effets indésirables prenaient d’autres médicaments ou compléments alimentaires en même temps que le Champix, tout en disant qu’il s’agit là de la situation réelle des usagers, qui contraste avec le cadre artificiel (setting) créé par Pfizer dans les essais cliniques qui ont servi à obtenir l'autorisation de mise sur le marché… La firme avait exclu d’emblée de nombreuses catégories d'usagers, par exemple toute personne ayant été traitée récemment pour une dépression, un trouble bipolaire, une psychose ou un trouble anxieux incluant des attaques de panique. Ont été exclues aussi les personnes ayant eu des réactions allergiques à un médicament quelconque, ayant des résultats anormaux lors d’examens de laboratoire, souffrant de troubles cardiovasculaire récents… Et même les personnes qui prenaient des médicaments sans ordonnance ou des produits amincissants. Les personnes ayant eu un antécédent de dépendance à un médicament ou à l’alcool ont elles aussi été exclues…
C’est quand même curieux, surtout sachant que les personnes ayant des antécédents d'addiction ou de troubles psychiques sont parmi les plus sujettes au tabagisme…
Les auteurs de l’étude recommandent à la FDA de faire une enquête épidémiologique approfondie. Une porte-parole de la FDA, intérogée par le Los Angeles Times confirme qu’il faut aller plus loin dans l’enquête que l’agence était déjà en train de mener sur le Champix.
Et pourtant, Pfizer persiste et signe… La firme considère que la balance bénéfices – risques du Champix reste favorable malgré tout, compte tenu des méfaits du tabagisme… Etonnante argumentation que de remplacer un risque par un autre, chez des gens qui passeraient ainsi des griffes de l’industrie du tabac à celles des firmes pharmaceutique, mais toujours pour du profit… Mais on ne peut pas s’attendre à ce que Pfizer renonce facilement à un médicament déjà prescrit à plus de 3,5 millions de personnes rien qu’aux Etats-Unis, pour un coût de 130 dollars par mois… Un article de CBS ajoute les chiffres de ventes du Champix aux Etats-Unis : 833 millions de dollars en 2007 et une augmentation de 71% au cours du premier trimestre de 2008 par rapport à la même période de l’année dernière…
Mais pourquoi un tel médicament a-t-il été approuvé aussi facilement pour un tel usage ? Et pourquoi le Champix est-il prescrit aussi massivement ? Eh bien parce que le panel d’experts qui a récemment élaboré les directives de pratique clinique concernant l’arrêt du tabac s’est prononcé explicitement pour l’usage de médicaments chez chaque patient qui arrête de fumer. Il a tout aussi explicitement recommandé la prescription de Champix à cet effet. Or il s’avère que pas moins de neuf experts avaient des conflits d’intérêts pour avoir reçu des financements récents des fabricants des divers médicaments d’aide à l’arrêt. Et l’expert qui a dirigé le groupe de travail a un conflit d’intérêt avec Pfizer – le producteur du Champix…
Les commentaires de Siegel relèvent du bon sens ; ce sont des arguments de plus en plus repris par l’opinion publique américaine dans son ensemble : il ne suffit pas de « gérer » les conflits d’intérêts et demander aux médecins de les déclarer publiquement, ni même de les limiter. Il faut les interdire complètement. On voit que cette argumentation n’est plus l’apanage des seules associations anti-corruption et que celles-ci ont fait un travail remarquable dans les pays anglo-saxons. En attendant un début de prise de conscience en France…
Le Champix est un parfait exemple des conséquences des conflits d’intérêts : mettre la santé en danger, voire même tuer des gens. On ne peut pas dire « tuer des patients », parce qu’il ne s’agit pas à proprement parler de malades qui ne pourraient pas se passer d’un tel médicament… On voit tous les jours des personnes qui subissent des effets secondaires de gravité diverse, développent des addictions ou se suicident suite à la prise de médicaments prescrits dans des pseudo-maladies que l’industrie invente régulièrement. Le dernier cas de disease mongering - comme on appelle cette imagination débordante à but lucratif - concerne précisément le tabac. Nous en avons parlé dans cette note intitulée « La dépendance au tabac bombardée maladie chronique à traiter indéfiniment. Avec Champix / Zyban et les substituts nicotiniques pour méthadone… »
Rappelons ici qu’il ne s’agit pas de défendre le tabagisme. Mais il va sans dire que mourir tout de suite à cause d’un effet indésirable du Champix, du Zyban, etc. ou être victime d’incidents iatrogènes graves n’est pas non plus un choix défendable… Les personnes qui veulent arrêter doivent pouvoir le faire en toute sécurité, et il y a des moyens non médicamenteux qui ne présentent aucun risque, tels les consultations spécialisées en tabacologie.
03:15 Publié dans Tabac, sevrage, aides à l'arrêt | Lien permanent | Commentaires (8) | Envoyer cette note | Tags : champix, varénicline, pfizer, conflits d'intérêt, effets indésirables
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Suivez également ici, toute une anthologie traduite en francais de la corruption institutionnalisée qui d'un côté sert à imposer par la force les interdictions de fumer, et de l'autre à faire des milliards avec le poison dangereux Champix: les prédicateurs de l'interdiction de fumer sonst grassement rémunérés par l'industrie pharmaceutique.
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